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Comprendre le bénévolat

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« Chaque français devrait être un bénévole, c’est une question de survie de notre société ». Jean-Louis SANCHEZ – Dir. de l’ODAS

« Est bénévole toute action qui ne comporte pas de rétribution rémunérée. Le bénévolat s’oppose essentiellement au travail rémunéré et il a comme caractéristique de s’exercer sans aucune contrainte sociale, ni sanction sur celui qui ne l’accomplirait pas. Enfin, c’est une action dirigée vers autrui ou vers la communauté »(1)

Le bénévolat est, en France certes, mais aussi dans de nombreux autres pays, un phénomène à la fois omniprésent et structurant des rapports humains. Il est présenté par ses défenseurs comme « un don de soi » nécessairement altruiste. Cependant, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur le caractère désintéressé de l’acte bénévole, opposant une société qui a tendance à favoriser l’individualisme et le repli sur soi, et le constat d’un accroissement significatif des actions bénévoles, notamment depuis les années 80.

Jacques-T GODBOUT affirme que « La société moderne se veut réaliste, pour elle, il n’existe que le matériel et le corps, tout autre chose n’est qu’une illusion : ainsi tout échange est provoqué par la recherche d’un intérêt personnel et pas par un esprit de générosité »(2). Il tend là à valider l’hypothèse d’un bénévolat qui, à l’instar d’une marchandise quelconque, sert avant tout des intérêts individuels dont le moteur d’échanges serait essentiellement hédoniste.

Ainsi, la question des fondements de l’acte bénévole mérite-t-elle d’être évoquée selon une approche nécessairement holistique. Aborder la question du « pour quoi ? » permettra sans nul doute, d’éclairer les arcanes, notamment psychologiques, du don de soi. Aborder la question du « pour qui ? » favorisera de même, la compréhension de la place du bénévole dans le mouvement associatif et l’éventuelle rétribution qu’il est susceptible d’en attendre. Ces questions sont d’autant plus essentielles que l’on constate une instrumentalisation accrue du bénévolat par la multiplication, notamment, des « centres de gestion de bénévoles ». En outre, on observe une tendance à la dissémination des actions bénévoles (que Jacques ION traduit sous le vocable « d’engagement distancié »(3)) et nombre d’associations se retrouvent confrontées à une défection de bénévoles pouvant rendre exsangues leurs activités statutaires. Ces éléments sont à conjuguer avec une médiatisation parfois très importante des grandes détresses sociales ou humanitaires, et l’accroissement du temps libre par la diminution du temps de travail, l’installation d’un chômage de masse durable et l’allongement de la durée de vie.

(1) Dan FERRAND-BECHMANN - « Bénévolat et Solidarité » (2) Jacques-T GODBOUT – « L’esprit du don » (3) Jacques ION – « La fin des militants ? »



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